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Le génie de la Chine/ Les maladies carentielles – IIIème siècle av. J.-C. Institut Wanxiang

A la fin du XIXe siècle en Europe, le monde médical a découvert que beaucoup de maladies, telles que le béri-béri, le scorbut, ou le rachitisme, étaient d’origine carentielle — qu’elles étaient provoquées, autrement dit, par des carences alimentaires. On s’est aperçu au XXe siècle que les substances manquantes étaient des vitamines.
Les Chinois avaient reconnu l’existence des maladies carentielles bien avant l’Occident — en vérité dès la plus haute Antiquité —, grâce à leur conception de l’équilibre naturel et, par voie de conséquence, de l’équilibre nutritif. Dès le IVe siècle avant J.-C. existaient des diététiciens impériaux. Mais c’est aux environs de l’an 200 après J.-C., avec le Trésor de la médecine, œuvre du célèbre médecin Zhang Ji (IXe siècle), qu’on appelle parfois “le Gallien de la Chine”, que l’observation pertinente dont les maladies carentielles faisaient l’objet est pour la première fois attestée par un texte, qui en donne une description détaillée et conseille des traitements diététiques. Bien que Zhang Ji en ignore l’existence, les vitamines pertinentes se trouvent en quantité dans les régimes qu’il préconise. Sans doute sa longue expérience lui en avait-elle fait constater les effets.


Le poète et philosophe confucéen Han Yu (762 à 824) avait remarqué que le béri-béri, causé par une carence de vitamine B1, était plus répandu au sud du fleuve Bleu (ou Yangzi) qu’au nord. Une étude récente sur les incidences du béri-béri en Chine lui donne raison. Ce que Han Yu a observé voici 1 200 ans se vérifie aux temps modernes. L’organisme requiert quotidiennement une ration de 300 à 350 unités internationales de vitamines B1. L’étude montre qu’au nord du fleuve Bleu on en absorbe en moyenne de 450 à 690, contre 250 à 690 au sud, où les gens consomment le riz poli, débarrassé de son tégument — donc de sa vitamine B1 — alors qu’au nord de nombreuses vitamines sont consommées sous forme de blé et de millet.
L’auteur le plus connu en matière de diététique et en maladies carentielles est Hu Sihui, qui fut diététicien impérial entre 1314 et 1330. Il écrivit le classique chinois en la matière, les « Principes d’alimentation saine« , qui consigne une série d’observations extraites d’œuvres antérieures, dont beaucoup ont été perdues. Hu Sihui décrit déjà deux types de béribéri, connus aujourd’hui sous l’appellation de « type humide » et « type sec », et les remèdes qu’il propose sont avant tout des régimes riches en vitamines B1 et autres :
Pour soigner le béri-béri de type sec :
Cuire une grosse carpe avec une demi-livre de haricots rouges, six grammes de pelure de cheng, six grammes de petits piments secs et six grammes de germes de graminée. Faire consommer au patient.
Pour soigner le béri-béri de type humide :
a)    Cuire une soupe de riz et de légumes et faire boire au patient le matin à jeun.
b)    Cuire 500 grammes de porc avec une poignée d’oignons, trois germes de graminée, du poivre, des haricots fermentés et une demi-livre de riz. Faire absorber au patient le matin. {Source : Le génie de la chine – 3000 ans de découvertes de Robert Temple}

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