• FAIT DU BIEN A TON CORPS POUR QUE TON ÂME AIT ENVIE D'Y RESTER

Action morale dans le taoïsme par l’institut Wanxiang

Méditation taoïste« Yan Hui alla demander à Confucius la permission de partir en voyage. Où allez-vous, lui demanda ce dernier. Je me rends dans le pays de Wei.

Et pourquoi faire ?

J’ai entendu dire que le prince de Wei est un jeune homme qui n’en fait qu’à sa tête, qui traite avec beaucoup de légèreté les affaires de son pays, qui ne s’observe en rien dans sa conduite, pour qui la mort de ses sujets est sans importance. Sa principauté est jonchée de cadavres, partout exposés comme le foin coupé. Les gens ne savent plus où se tourner. J’ai moi-même entendu cette parole du maître : ‘Ne vous occupez pas des pays qui sont bien gouvernés, allez aider ceux qui sont mal gouvernés. Ce sont les malades qui ont besoin du médecin : ils sont nombreux à sa porte’. Je veux toujours garder à l’esprit comme un précepte, cet avis que vous avez donné, avec l’espoir de pouvoir peut-être rendre la santé à ce pays.
Oh, s’exclama Confucius, tout ce que tu y gagneras en y allant, c’est la mort. Ils t’exécuteront, voilà tout. …

Unifie tes tendances (yizhi) de façon à ne plus écouter avec les oreilles, mais avec le cœur (xin) ; puis n’écoute plus avec le cœur, mais écoute avec le souffle (qi). Car ce que l’on entend n’est pas plus que (ce que) les oreilles (peuvent percevoir) et la vérification de ce que l’on expérimente ne dépasse pas le cœur… Mais le souffle est le vide disposé à recevoir tous les êtres (xuerdaiwu). La Voie se rencontre là où est le vide, c’est le jeûne du cœur (xinzhai).


Yan Hui dit : Le Hui qui n’avait pas encore connaissance de cela croyait vraiment être Hui. Mais après en avoir eu connaissance, c’est comme s’il n’y avait pas de Hui. Est-ce cela le vide ?

Exactement, dit Confucius.
Le vol avec des ailes, tu connais, mais le vol sans ailes, tu ne connais pas. La connaissance qui connaît, tu connais ; mais la connaissance qui ne procède pas par la voie des connaissances, tu ne la connais pas. Élever son regard jusqu’à la vacance : dans la chambre vide naît la lumière vive ; les bonheurs en troupe viennent s’y reposer, ne pas avoir ce repos, c’est se concentrer pour mieux se divertir. Tourner ses oreilles et ses yeux à la communion interne et laisser à la porte la connaissance qui vient du cœur (l’activité mentale, xinzhi), on offre alors un abri aux Esprits de la Terre et du Ciel (guishen), a fortiori aux humains !
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Zhuang Zi, chap.14 {traduction d’Elizabeth Rochat de la Vallée}

 

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