• FAIT DU BIEN A TON CORPS POUR QUE TON ÂME AIT ENVIE D'Y RESTER

Abandonner la colère Par Michel, Institut Wanxiang

Le blog de l’institut Wanxiang:http://www.institut-wanxiang.com/blog-medecine-chinoise.php

La colère peut sembler légitime ou pédagogique — elle ne l’est jamais.
Quand quelqu’un se met en colère, cette personne perd toute possibilité d’être heureuse. C’est assez difficile en temps normal de réaliser des actions positives ; c’est impossible quand l’esprit est troublé par la colère. Dans le bouddhisme on dit : « Un instant de colère peut détruire toutes les actions positives accumulées pendant des milliers de kalpas […]. À vrai dire, il n’y a pas de faute plus grave que la colère ».
Lorsque nous nous mettons en colère, nous avons immanquablement l’impression que notre colère est légitime, qu’elle est justifiée par les circonstances. Mais face à une situation donnée, quelle qu’elle soit, la colère n’est pas plus légitime que le mépris, l’indifférence, l’intérêt amusé, la persuasion, la fuite, etc. Elle n’est qu’une des manières possibles de réagir. Et elle est sans doute une des pires.

La colère (Nu) est une réaction naturelle de défense contre un danger ou une menace. C’est l’émotion de la réaction et du combat. Si celle-ci servit à nos ancêtres pour échapper à l’hostilité de leur environnement, aujourd’hui elle est à l’origine de toute compétitivité et permet de nous extérioriser : elle permet au sportif de remporter une victoire, au commercial de conclure une affaire. Toutefois, si on est en grande colère notre premier comportement risque d’être belliqueux, chercher le conflit, être blessant, utiliser des propos désagréables, et nos actions vont être violentes, on va chercher à nuire physiquement. Quand on dit en médecine chinoise que les facteurs émotionnels sont des causes de maladies, il ne faut pas oublier que ces facteurs émotionnels s’appuient sur nos désirs, sur notre capacité à discerner les situations ; notre discernement dépend de notre activité mentale, qui dépend elle-même des différents types de consciences selon ce que l’on a dans nos consciences cachée, vide ou directe. Cela va dépendre également de nos caractères innés et de l’expérience acquise.

La colère c’est celle qu’il faut éviter au maximum. Elle fait monter le qi à contre courant et blesse le Yin.

L’une des plus extraordinaires découvertes en psychologie moderne, est celle que Daniel Goleman expose à plusieurs reprises dans son livre sur l’intelligence émotionnelle : la colère est toujours liée à une forme de peur. Cela explique pourquoi on se met si facilement en colère au volant d’une voiture! C’est une situation de danger réel et continu : la personne qui conduit est sans cesse confrontée au risque d’être percutée par une autre voiture, de renverser un piéton, etc. Cela demande de l’attention. C’est pourquoi elle tend à exploser à la moindre anicroche. Mais les autres colères sont également liées à la peur : peur d’être quitté, peur d’être raillé, peur de ne pas pouvoir faire valoir ses droits, peur d’être mis en danger, peur de ne pas être capable d’accomplir une tâche… Posez-vous la question : « Je suis en colère; de quelle peur s’agit-il? », glissez-vous dans « l’espace » qui sépare les stimuli de leur réponse, et débarrassez-vous de la colère.
Une des idées les plus courantes et les plus fausses sur la colère est que de laisser exploser sa colère est bon pour l’humeur. C’est faux. Pour des raisons chimiques liées au fonctionnement des émotions, la colère tend à abaisser le seuil de tolérance à l’adversité et à faciliter l’apparition de la colère. Autrement dit, plus on se met en colère, plus la colère vient facilement. En médecine chinoise, la colère entraîne la plénitude de yang, et lèse le cœur. La colère (les émotions en général) a besoin d’être équilibrée par le yin (globalement notre corps.) Dans notre corps c’est le yin qui équilibre les émotions. S’il y a une déficience de yin, il ne contrôle plus les émotions yang. Ou les émotions en excès blessent le Yin.
Le Foie joue une rôle d’autorégulation. Au moment de la ménopause où le yin du corps diminue, angoisse et anxiété augmentent.

Enfin, il est couramment admis que la colère et la violence qui lui est associée sont de bons outils pédagogiques (cf. les métaphores militaires : botter le cul, mettre dans le rang, apprendre à vivre, faire rentrer ça à coups de trique, faire les pieds). C’est faux. La colère est la manifestation de l’incapacité à agir, et en particulier à faire passer le bien-fondé d’une façon de faire, d’une méthode, d’un mode de vie, d’un enseignement, d’une croyance. En effet, une personne qui sait où elle en est n’a pas besoin de se mettre en colère. C’est quand elle se rend compte que ses arguments ne sont pas solides qu’elle se met en colère.
De plus, la colère braque les gens parce qu’elle leur donne l’impression qu’ils agissent mal et qu’ils sont mauvais. À la limite, la colère peut avoir un effet déclencheur sur quelqu’un de volontariste (c’est-à-dire de décidé à comprendre, à apprendre, à changer). Les personnes volontaristes savent interpréter la colère des autres. Mais elles sont rares et il serait fallacieux d’utiliser cet argument pour justifier la colère !

Comme outil pédagogique, la sincérité est une alternative à la colère. Exposer ses motivations sincères à faire quelque chose est un gain immédiat de confiance. Les personnes ne supportent pas d’être manipulées ; c’est pourquoi d’exposer sincèrement les avantages (et les limitations) d’une manière de faire est toujours profitable.
De plus, personne ne peut croire en un pur altruisme. Si la personne qui veut transmettre quelque chose ne précise pas ses motivations personnelles et ses objectifs, on croira qu’elle les cache. C’est pourquoi il est préférable d’exposer les avantages qu’on veut tirer des leçons qu’on donne : bonnes relations, amour, avantages matériels ; objectifs à court et à long termes.

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